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« Revenir fils », le roman de Christophe Perruchas aborde le syndrome de Diogène

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Le 18 août 2021, Christophe Perruchas dévoilait son deuxième roman. A l’instar du premier, intitulé Sept gingembres et paru un an plus tôt, celui-ci a été publié aux éditions du Rouergue. Dans ce nouveau livre, l’auteur français raconte une histoire filiale déroutante, celle d’un fils qui revient vers sa mère qui l’a antan « orpheliné de son vivant ». Mais en s’immergeant dans cet univers, on découvre progressivement des personnages complexes partagés entre deux époques. Des séquences séparées et un double monologue, une narration à deux voix touchante qui réussit à nous convaincre et à nous emporter dans cette histoire riche en émotions.

De quoi parle le roman « Revenir fils » de Christophe Perruchas ?

Le nouveau roman de Christophe Perruchas, « Revenir fils », nous livre les déboires d’un adolescent très éprouvé par la folie de sa mère qui est frappée à la fois du syndrome de Diogène et d’amnésie. Tout commence lorsque le père de ce dernier trépasse de manière accidentelle.

En effet, après la mort de son géniteur, le jeune garçon se retrouve seul avec sa mère. Et comme si la situation n’était pas assez tragique, ce seul parent qu’il lui reste ne tarde pas à montrer des signes de troubles mentaux. Sa mère développe peu à peu le syndrome de Diogène et se met à accumuler toutes sortes d’objets avec lesquels elle érige des murs de plus en plus grands et envahissants dans la demeure familiale.

Après quelques temps passé à l’hôpital psychiatrique, la mère du jeune garçon ne se souvient plus de lui. Malheureusement, il ne lui est resté que le souvenir de Jean, son premier enfant, qui a vu le jour avant le narrateur et qui est décédé d’une mort subite de nourrisson. Ainsi, comme le déclare l’auteur à la page 127 de l’ouvrage littéraire, « pour l’instant, je sais juste que ma mère m’a orpheliné de son vivant, le reste n’a pas beaucoup d’importance ».

Pour ne pas souffrir de cette exclusion involontaire, l’adolescent décide de partir loin de la maison et de sa génitrice. Mais 20 ans plus tard, quand il devient à son tour mari et père, il choisit de revenir vers elle.

Une narration à deux voix réussie

Pour cette nouvelle œuvre littéraire, Christophe Perruchas a opté pour une partition en deux temps (passé et présent), mais aussi à deux voix (celle du fils et celle de la mère). Ainsi, à travers les années 80 et 2000, qui représentent respectivement pour le fils l’adolescence et l’âge adulte, le romancier questionne le passage d’un temps qui s’en prend à la fois au corps et à la vie de couple, à l’éclat des quartiers pavillonnaires, mais qui n’a – par contre – aucun effet sur la folie.

Comme ce fut le cas dans sa première œuvre romanesque, Christophe Perruchas parvient une fois encore à plonger le lecteur dans l’intimité de ses personnages grâce à une transcription littérale de leurs pensées via deux langues différentes à savoir celle de la mère, qui parle d’elle-même en utilisant le pronom indéfini « on », et celle du fils, factuelle, qui s’exprime à la première personne du singulier et témoigne de ses atermoiements ainsi que des questionnements relatifs à son âge (quadragénaire) et à sa condition d’homme.  

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