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Le syndrome de Diogène relance le débat de l’isolement social des personnes âgées

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Difficile à identifier et délicat à prendre en charge, le syndrome de Diogène, encore trop peu connu du grand public, pousse de nombreuses personnes âgées, souvent isolées, à ne rien jeter ou à négliger complètement leur hygiène corporelle. Comment réagir face à un proche qui semble concerné ?

De la difficulté à identifier ce syndrome

On peut en arriver à soupçonner un syndrome de Diogène chez un proche, lorsque celui-ci montre des signes de négligence extrême, qu’il s’agisse de son hygiène corporelle ou de l’environnement dans lequel il vit. Ne rien jeter, amasser objets utiles comme inutiles, cette attitude poussée à l’extrême et sur du long terme peut engendrer des conséquences sérieuses pour la personne qui se retrouve dans un logement insalubre qu’il est impératif de nettoyer et de désinfecter. On peut également mentionner les cas, bien plus rares, dans lesquels les personnes atteintes de ce syndrome adoptent un comportement compulsif mais inverse visant plutôt une propreté excessive et l’obsession de tout jeter, même les ustensiles indispensables au quotidien. 

Le problème sous-jacent au Diogène :  l’isolement des personnes âgées

La véritable problématique du syndrome de Diogène réside dans le fait que ces personnes refusent généralement d’être aidées et vivent isolées. L’isolement des personnes âgées représente en effet un problème majeur et croissant de notre société. Selon une étude menée par l’University College de Londres, l’isolement social accroîtrait de plus de 25% les décès chez les personnes âgées. Les facteurs de risque analysés lors de cette étude sont, d’une part, l’isolement social et, d’autre part, le sentiment de solitude.

En prenant en compte les facteurs démographiques et de santé, l’étude a permis de démontrer que le sentiment de solitude était moins pertinent que le facteur de l’isolement social qui s’est avéré concluant. Ainsi, si un sentiment de solitude peut nuire à la santé de la personne, l’étude a révélé qu’il fallait surtout se concentrer sur le problème de l’isolement social, à savoir l’absence de participation à des activités sociales, le manque de liens avec la famille, le célibat ou le veuvage, qui ont notamment été utilisés comme marqueurs d’isolement social lors de l’enquête. Une personne seule a donc beaucoup plus de risques de se laisser aller, de ne pas prendre soin d’elle correctement, de vivre plus lourdement un choc émotionnel et de développer un syndrome de Diogène.

On peut lutter contre l’isolement social des personnes âgées en les motivant à s’intégrer à des activités, en les aidant à se servir des réseaux sociaux et autres outils de communication, et, le cas échéant, en prévoyant l’entrée en maison de retraite médicalisée ou non, où elles pourront bénéficier d’une vie sociale et d’une aide quotidienne. Ces actions de prévention pourraient diminuer les risques pour certaines personnes de développer un syndrome de Diogène

Les bons réflexes à adopter face à un “Diogène”

Lorsque l’on soupçonne un Diogène chez un proche ou une personne de notre entourage, il est impératif de se tourner vers des professionnels compétents ou toute autre personne capable de nous aiguiller vers les personnes qualifiées : assistantes sociales, médecins, psychologues, afin de mettre en place une prise en charge, de faire intervenir une équipe professionnelle pour l’assainissement du domicile et d’envisager peut-être une entrée dans un établissement adapté et sécurisé comme un EHPAD. Cette étape doit être gérée avec la plus grande des prudences car un changement radical du mode de vie de la personne peut faire aggraver la situation et engendrer des réactions de crise comme une tendance au suicide, par exemple. On ne peut pas non plus laisser la personne continuer à se négliger car elle met en danger sa santé physique et morale. il est donc impératif d’agir mais prudemment, sans prendre d’initiative personnelle qui ne serait pas basée sur des connaissances spécifiques de la prise en charge de ce syndrome. 

En premier lieu, des visites régulières à son proche sont fondamentales pour vérifier que la personne parvient à gérer l’entretien de la maison, si elle garde le moral, qu’elle ne se sédentarise pas outre mesure et qu’elle prend soin d’elle, même si l’on sait qu’elle est parfaitement autonome physiquement et moralement, afin de déceler tout éventuel changement le plus rapidement possible et éviter que la situation ne dégénère. 

Si l’on envisage une entrée en maison de retraite non médicalisée ou en EHPAD , des conseillers en gérontologie peuvent accompagner les familles gratuitement dans leurs démarches afin de les aiguiller vers l’établissement approprié, en fonction du lieu, du budget et des disponibilités en temps réel. C’est la mission de Retraite Plus qui conseille, de manière gratuite, près de 80000 familles chaque année pour l’accompagnement en maison de retraite des personnes âgées.

Numéro Vert Gratuit : 0805 14 14 14
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